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Education religieuse en Islam

présenté par Samir Harbache

L’éducation religieuse en Islam

La famille, l’école, l’université

 

Monsieur Samir Arbache a commencé son intervention en déclarant que, selon lui, « L’éducation religieuse en Islam se fait, d’une façon générale, par la transmission de la religion dans une immunité géographique ou dans une forme d’extra-territorialité. »

 

En effet, que ce soit au Maroc, en Égypte ou en France, lorsqu’un enfant d’une famille musulmane vient au monde, le père ou la mère lui murmure à l’oreille une formule qui est la confession de foi musulmane. C’est une façon de dire au bébé : « voilà, tu es musulman !» avant que le diable ne vienne le tenter. Le père et la mère vont ensuite lui apprendre tout ce qui constitue le mode de vie musulman. Dès qu’il est conscient il va apprendre la prière et quand il aura 4-5 ans, il ira à l’école coranique où il apprendra la Charia, c’est-à-dire le droit musulman, qui accompagne le musulman de la naissance à la mort…

 

Mais alors, quel est le problème ?

 

En terre d’Islam cette éducation religieuse se fait dans des pays dont l’histoire culturelle est en asynchronie avec l’histoire culturelle de l’Occident. L’une évolue moins vite que l’autre et l’écart est allé grandissant depuis le 16ème siècle. Les musulmans gardent le souvenir et la nostalgie de l’époque glorieuse de l’Islam où la culture musulmane était florissante et prédominante et où la religion réglait tous les aspects de la vie. Mais 1000 ans se sont écoulés et depuis le monde a changé. Néanmoins l’Islam continue d’être enseigné aux enfants dans la perspective d’un retour à cet âge d’or comme si le reste du monde n’avait pas évolué entre temps… dans une sorte d’immunité géographique.

 

En France la famille musulmane transmet la religion dans une sorte de délocalisation territoriale : Les parents transmettent la religion à leurs enfants sans tenir compte du lieu où ils se trouvent. L’intérieur de leur maison est terre d’Islam, un lieu délocalisé et intemporel où les enfants apprennent à vivre en musulmans conformément à l’enseignement du Coran et à la Charia, s’accommodant tant bien que mal des circonstances extérieures mais sans véritablement s’intégrer dans le mode de vie général du pays qui les accueille…

 

Ainsi à l’école, il y a deux programmes : le programme de l’enseignement religieux et le programme de l’enseignement des sciences profanes. Mais on n’y enseigne pas tout ce qui pourrait mettre en question la foi musulmane traditionnelle : la philosophie, le rationalisme, les principes démocratiques, l’ouverture aux autres religions…

 

Pourtant depuis 1000 ans, les chrétiens, au contraire, ont traversé de multiples crises qui les ont amenés, bon gré mal gré, à se remettre en cause : la Renaissance, la Réforme protestante, le siècle des Lumières, la Révolution française, l’instauration de la démocratie,  la séparation de l’Église et de l’Etat, la laïcité… Et malgré toutes ces épreuves les chrétiens sont toujours là…

 

Toutefois il faut reconnaître que de plus en plus de musulmans partagent cette analyse et œuvrent pour une réforme de l’Islam ou, en tout cas, pour une ouverture de l’islam à l’altérité et à la modernité. Et monsieur Arbache a terminé son intervention en énumérant toutes les initiatives prises ces derniers temps, qui vont dans ce sens. Il invite nos frères musulmans à abandonner l’attitude défensive qui caractérise leur façon de transmettre la religion musulmane,  pour s’engager avec les chrétiens dans un dialogue de confiance où chacun se présente tel qu’il est, avec ses fragilités et ses différences, et où la pensée et la foi de l’un, loin de menacer celles de l’autre, ne peuvent au contraire qu’enrichir sa pensée et affermir sa foi.

 

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Article publié par Gérard PIQUE • Publié Mercredi 25 mai 2016 • 287 visites

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